


La masse terrifiante des victimes de cette guerre totale nous impose de célébrer chaque année ce 11 novembre qui mettait fin à ce décompte macabre : près d’un million et demi de soldats français morts. Parmi eux, 700.000 n’ont pu être identifiés. C’est dire la violence des combats, l’horreur absolue de la guerre qui ouvrait le siècle dernier.
Ils avaient quitté leurs usines, leurs champs, leurs fermes, pour plonger dans l’enfer à l’état pur. Ils avaient quitté leurs lointains pays, pour venir sur notre terre et y être ensevelis. S’ils n’étaient pas au front, ils étaient derrière les machines qui confectionnaient les armes. S’ils n’étaient pas engagés dans le conflit, ils devaient se déplacer pour échapper à l’invasion, aux occupations, aux bombardements.
Comment nous souvenir toujours de ce qu’ont vécu nos soldats ? de la faim, de la boue, du bruit infernal de la mitraille, des gaz qui déchirent les bronches, des membres arrachés, des cris du camarade touché à vos côtés, de la laideur incommensurable de cette guerre.
Cette abominable boucherie a fait 10 millions de morts et 20 millions de blessés. Parmi eux, 180.000 africains de la force noire sont venus donner leur vie sur un sol inconnu, aux côtés d’hommes dont la couleur leur était jusqu’alors inconnue.
Une exposition très complète présentée à l’ONAC, évoque leur parcours. Je vous invite à aller à la rencontre du souvenir de leur sacrifice. Au souvenir de leur sang versé sur nos champs de bataille de la Somme, des Ardennes, de la Marne. De ce sang qui, absorbé par ces terres ravagées, avait la même couleur que le nôtre.
A eux, comme à nos Poilus, il en a fallu du courage pour se battre, pour sortir des tranchées et monter à l’assaut. Mais il leur en a fallu du courage aussi pour retrouver les leurs, la vie toute simple, après avoir traversé ce cauchemar.
C’est la mémoire de leur courage et de l’horreur qu’ils ont traversé que nous devons faire perdurer. C’est parce que nous nous souvenons de leur sacrifice, de l’épreuve inouïe qu’ils ont subie que nous sommes aujourd’hui les garants de la démocratie. Car seule la démocratie et le respect des peuples nous protègent de sombrer à nouveau dans une telle horreur.
Longtemps, les hommes n’ont su résoudre les grandes crises de leur histoire, qu’en se détruisant les uns les autres. Les guerres succédant ainsi aux grandes crises économiques. Mais ils se sont aussi employés pendant toute la deuxième moitié du 20e siècle, à tisser les liens entre les peuples, à faire en sorte que la démocratie, à travers la construction européenne, rende les guerres impossibles.
Aujourd’hui, à Vence, comme dans l’ensemble des 36.000 Communes de France, c’est en souvenir de leur sacrifice que nous nous engageons à entretenir ces liens fraternels entre les peuples, pour que plus jamais une telle abomination ne se reproduise". Régis Lebigre, Maire de Vence
A cette cérémonie, prenaient part les écoliers Vençois et cinq professeurs de l’école Chagall (Christine DUVAL - Julie VIAL - Sylvie CORRADO -Anne VILLENEUVE et Véronique KULAKOWSKI). Les élèves de CM2 participent au Concours national « Les Petits Artistes de la Mémoire » organisé par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Ils illustreront un carnet de guerre artistique relatant l’histoire d’un Poilu originaire de Vence.

